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Cité de la musique : les clés du sol

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Romans-sur-Isère (Drôme) - Dans quelques mois s’élèvera dans le quartier de la Presle, sur le site de l’ancien hôpital, la cité de la musique du pays de Romans. Cet hôpital a été rasé fin 1994, il a fait place à des aires de jeux et seuls ont été conservés la grande chapelle, « la maison du directeur » et le bâtiment hébergeant aujourd’hui des associations.

La semaine dernière, la prospection archéologique du sous-sol a commencé, elle va se poursuivre pendant un mois. Que vont trouver les archéologues ? Mettre au jour des vestiges gallo-romains ou médiévaux serait une bonne surprise si l’on considère l’histoire de ce site entre la Savasse et la colline Saint-Romain, le rempart et la place de la Presle.

Cet espace fut pendant trois siècles occupé par les bâtiments de l’hôpital dont l’histoire commence en 1641 lorsque les consuls de Romans, la municipalité de l’époque, veulent et peuvent donner à la population « un hôpital de la Charité ». L’occasion se présente lorsqu’un certain Barthélemy Charles-Quintin décide de leur vendre sa propriété située sur les bords de la Savasse au pied du rempart. L’acte de vente précise que ce tènement consiste en « une maison, cour, jardin, pré, vignes et passage, contenant le tout environ cinq sestérées » (un peu plus d’un hectare et demi), bordée à l’est par une maison et un jardin, à l’ouest par les « murailles de la ville », au nord par la Savasse et des jardins et au sud, sur la colline Saint-Romain, « par le clos et jardin des R.P. Capucins, jardins, et le cimetière de la paroisse Saint-Romain ».

Comme on le constate, cet espace, au milieu du XVIIè siècle, est très aéré, avec beaucoup d’espaces verts. Plus à l’est, vers l’embouchure de la Savasse, le quartier présente un habitat un peu plus dense et de nombreux jardins donnant sur la rue Montolivet régulièrement animée par les processions du « Grand Voyage » ; la chapelle du Repos de Marie édifiée vers 1600, se trouvant dans la parcelle de Quintin.

Dans les années qui suivent l’achat, les archives indiquent « qu’une maison et l’hôpital  sont construits », que des réparations sont effectués sur la maison de Quintin, qu’une chapelle et son clocher sont édifiés le long du coteau. L’inauguration a lieu en 1649.

Les donations se succèdent. L’hôpital avec ses diverses maisons et dépendances est progressivement et rapidement agrandi grâce à l’acquisition de parcelles contiguës. En 1683, sont achetés une maison et jardin ; en 1685, une grange et un jardin ; en 1709, une maison et un jardin « vis à vis de la chapelle ». En 1779, les administrateurs passent un marché avec un maçon pour la construction « d'un four et de la gloriette de la boulangerie ». Dans les années 1780, sont élevées les voûtes de la cuisine et du réfectoire d'hiver, et édifiés « le grenier à foin et le hangar » ainsi que le « cabinet voûté pour la viande ».

Au XIXè siècle, l’hôpital continue à acquérir des parcelles le long de la Savasse, la grande chapelle est édifiée en 1842, la vieille chapelle réaménagée. De nouveaux bâtiments sont construits : en 1889, le bâtiment de vieillards, en 1894, le dépôt des morts et salle d’autopsie, « la maison du directeur ».

Cette liste n’est pas exhaustive, elle montre simplement, qu’aujourd’hui, le sous-sol de ce site conserve la mémoire des fondations imbriquées de cette multitude de bâtiments. Ce sont d’abord ces vestiges de l’histoire moderne qui seront mis au jour lorsque commenceront les premiers travaux de terrassements .

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