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Romans (Drôme) / L'histoire du Grand Voyage et du Calvaire des récollets

 Romans ( Drôme)

calvaire des récollets, grand voyage, patrimoine romanaisLors de nos visites et de nos conférences, certains d'entre vous nous ont demandé un historique du Grand Voyage et du Calvaire des récollets. Vous le trouverez ci-dessous.

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     Depuis bientôt cinq siècles, Romans offre la possibilité de revivre la Passion du Christ à travers un cheminement appelé « Grand Voyage » aboutissant au « Golgotha » ou « Mont Calvaire » Les 40 stations du Grand Voyage retracent les derniers jours de Jésus et les débuts du christianisme, de la Cène à la Pentecôte; un tel ensemble étant unique en France. Son histoire commence au début du XVIè, la Terre Sainte est alors aux mains des Turcs, le pèlerinage à Jérusalem est dangereux et difficile.

     En 1516, un riche et pieux marchand de Romans, Romanet Boffin, conçoit alors de fournir aux habitants de sa ville un moyen facile de suppléer le voyage dans la Ville Sainte, avec l’établissement d’un chemin de croix sur le modèle de celui de Fribourg, en Suisse.  Peu après, deux Franciscains, revenant de Palestine, assurent que la topographie de Romans rappelle étrangement celle de Jérusalem. Boffin décide alors d'édifier dans Romans 14 stations, suivant l'itinéraire de la Via dolorosa, aboutissant au Golgotha, situé hors les murs, comme à Jérusalem : le vallon de la Presle reproduisant la vallée du Cédron ou vallée Josaphat (d'où le nom d'escalier Josaphat), le plateau St-Romain étant le Mont des Oliviers (d'où la côte Montolivet). A la suite de plusieurs miracles, le Grand Voyage devient un lieu de pèlerinage renommé.

     Pendant les Guerres de Religions, les stations sont détruites par les Protestants, le Saint-Sépulcre, copie de celui de Jérusalem, est seulement mutilé, il est aujourd’hui le monument emblématique du mont Calvaire..

     A la fin du XVIè, les tensions religieuses s'apaisent. La Contre Réforme catholique s'impose, le Mont Calvaire, reconstruit notamment par la volonté du fils de Romanet Boffin, Félicien Boffin , est confié aux moines Récollets, la chapelle du Repos de Marie est reconstruite avec une façade à serlienne. Le Grand Voyage retrouve une renommée importante et attire au  XVIIè de nombreux pèlerins et pénitents, à la recherche de pardon et d'indulgences ou dans l'espérance de guérisons. Le Mont Calvaire et les stations sont de nouveau saccagés, en 1794, lors de la Terreur. Laissé à l'abandon, l'enclos sert de cimetière jusqu'en 1812.

     Durant les règnes de Louis XVIII et Charles X, la France redevient une terre de mission, les Romanais décident de restaurer le calvaire et le pèlerinage. De 1820 à 1862, de riches familles romanaises font construire, dans le Calvaire, des chapelles funéraires qui servent aussi de stations au Grand Voyage. Le calvaire se pare d'essences sylvestres qui le transforment en cimetière romantique mais, à la fin du XIXe, il est de nouveau laissé à l'abandon. Le Grand Voyage est alors définitivement constitué par 40 stations : 21 en ville et 19 dans l'enclos du Mont Calvaire bientôt dénommé « Calvaire des récollets ».

     Peu entretenue pendant la Troisième république, les chapelles en molasse utilisée comme matériau commencent à s’effondrer. La pratique du Grand Voyage se maintient cependant une fois par an, le Vendredi Saint, au matin, pour quelques pèlerins. En 1942, pendant le Régime de Vichy qui prône le retour aux valeurs catholiques, certaines stations sont ornementées de bas-reliefs moulés. En 1967, l'association des Amis du Calvaire, prenant conscience de la valeur du site, entreprend les premières campagnes de débroussaillage. En 1986 et 1987, après de longues démarches, le calvaire est classé « Monument Historique » et les stations en ville inscrites à l’inventaire supplémentaire. L’ensemble devient la propriété de la ville de Romans qui entreprend pendant 10 ans une campagne de restauration aujourd’hui interrompue.

 

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