Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

devise de romans

  • Romans (Drôme), curiosité historique : la devise de Romans

    Romans (Drôme)

    devise de romans,maison commune,patrimoine romanais    Les Romanais qui ont suivi notre dernière visite du centre historique ont souhaité en savoir davantage sur la mystérieuse devise de Romans jadis gravée sur le fronton de la maison commune, rue de l’Armillerie (voir photo). Voici quelques précisions. 

         Au Moyen Âge, la ville de Romans est une seigneurie ecclésiastique tenue par le chapitre de chanoines de la collégiale Saint-Barnard. Cependant, au XIVe s un contre-pouvoir civil s’affirme avec l’élection de consuls, bourgeois élus qui se réunissent "dans une chambre meublée de quelques bancs, qu'il louée à l'année". En 1374, l’un de ces bourgeois, Perrot de Verdun, lègue l’une de ses demeures, rue de l’Armillerie, pour que les consuls siègent à demeure, elle devient « la maison commune », premier hôtel de ville de Romans.

         C'est un bâtiment limité au nord par la rue de l'Armillerie, à l'est par la rue Vallouse, à l'ouest par une ruelle et au sud par la future place Perrot de Verdun. Les premières assemblées municipales s'y tiennent en 1382, et cela jusqu'à la Révolution. Au dessus de la porte d’entrée et gravée la devise de Romans « Moribus antiquis stat res Romana virisque », communément traduite par « Romans se gouverne par ses bonnes coutumes et par ses bons citoyens ». Au début du XVIIè s, la grande salle est ornée d'un portrait de Perrot de Verdun à partir du XVIIe. En août 1679, l’intendant du représentant Louis XIV en Dauphiné, fait enlever la devise sous prétexte « qu'elle favorise les maximes d'un gouvernement populaire ». Cette inscription est replacée par la suite et reste en place au XVIIIè siècle.  

          La maison commune est vendue le 20 février 1791. Une partie du bâtiment abrite l'atelier de Jacques Coissieux, le dernier cartier de Romans, une autre partie est transformée en salle de spectacle. A partir de 1801, l'administration municipale s'installe dans l'ancien couvent des Cordeliers. La stèle portant la devise est certainement récupérée à ce moment-là par un habitant du quartier qui la scelle dans le mur de son jardin, où elle se trouve encore aujourd’hui (voir photo). devise de Romans,  Laurent Jacquot, patrimoine romanais, romans patrimoine, romans historique

      Quant au destin du bâtiment , elle abrite au milieu du XIXe, une brigade de gendarmerie à pied. Le bâtiment est en partie démoli en 1895 afin de permettre l'agrandissement de la place Perrot de Verdun telle que nous la connaissons aujourd'hui. La porte monumentale de style Louis XIV est heureusement conservée.

        Pourquoi cette devise ? C’est une question pour laquelle les sources n’apportent pas de réponse. Ce que nous pouvons dire c’est que cette devise reprend les vers d’un poète romain, du IIè s.av.J.-C., Ennius, souhaitant expliquer les fondements de la république romaine, « Moribus antiquis stat res Romana virisque », que les latinistes traduisent par  : « La puissance de Rome repose sur l'antiquité de ses mœurs et sur la vaillance de ses hommes ». Une devise choisie par les consuls aux XIVe siècle en raison de la proximité linguistique entre « Romans » et « Rome » et la volonté d’affirmer leur autorité face aux chanoines mais dont le contenu, emprunt des valeurs de la Rome républicaine, ne pouvait qu’être insupportable à la France du monarque absolu, Louis XIV. Un devise que l’on devrait remettre à l’honneur, aujourd’hui en 2013.