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génoise

  • La "génoise" : de la Provence à Romans !

     Romans-sur-Isère (Drôme)

    génoise, patrimoine romanaise, place Maurice-Faure   En levant les yeux, rues Pêcherie, Mathieu-de-la-Drôme ou place Maurice-Faure, vous observerez sur les façades de certains immeubles, au niveau des avant-toits, plusieurs rangs de tuiles-canal en encorbellement sur le mur, ce type de disposition est appelé « génoise ».     

    Comme son nom l'indique, ce sont probablement des maçons venant de Gênes qui, au début du XVIIè siècle, auraient introduit cette technique en Provence, Le rôle de la génoise est d'une part d'éloigner les eaux de ruissellement de la façade comme une corniche, et d'autre part de supporter et continuer le pan versant de toit.

       Le plus ancien document pouvant être interprété comme preuve de l'existence de la génoise en Provence est un prix-fait signé en 1634 et relatif aux réparations de l'église paroissiale de Rians (Var). Le terme « génoise» apparaît pour la première fois dans un contrat de 1645 concernant la construction d'une bastide à Puyloubier, près d’Aix-en-Provence. La génoise connaît un grand essor dès cette époque d’abord en Provence puis dans tout le sud de la France, dans la zone où domine la tuile-canal.

        Le nombre de rangs témoigne du statut social : les maisons modestes ont deux rangs, les propriétaires plus aisés en ont trois, quatre et jusqu'à cinq. Avant la Révolution, les roturiers n'étaient autorisés à avoir au maximum que deux rangs de génoise; au-delà de deux rangs, c'était un privilège nobiliaire !

        A Romans, la mise en place de génoise sur les immeubles des notables romanais, notamment ceux des chanoines sur l’actuelle place Maurice-Faure, peut être datée du milieu du XVIIIè siècle, sous le règne de Louis XV. C’est l’époque d’une certaine prospérité pour le monde des marchands romanais qui commercent dans toute la vallée du Rhône, de Lyon à Aix-en-Provence. Ces échanges commerciaux avec la Provence font découvrir aux Romanais ce style « à la génoise » qu’ils apprécient et veulent retrouver sur les immeubles qu’ils se font élever dans le quartier Saint-Barnard.

        Aujourd’hui, à Romans, les génoises du centre historique sont protégées de toute destruction ou dégradation par la réglementation de la ZPPAUP de Romans (Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager) qui indique dans une de ces réglementations (qui s’imposent à tous les propriétaires privés et publics), «  les génoises et corniches existantes seront préservées et éventuellement  reconstituées  à l’identique ».