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  • Histoire : " La maison forte de Chalaire "

     

    chalaire, mours, drôme  L’un de nos lecteurs nous questionne sur la maison forte de Chalaire et notamment sur des documents relatifs à cet imposant donjon que chacun peut voir en bordure de la Savasse, entre le village de Mours et la route de St-Donat. Nous lui répondons volontiers.

       Pour toute recherche historique, la première piste est de vérifier si des études, des articles ou des ouvrages n’ont pas déjà été publiés sur ce sujet (c'est établir une bibliographie). La consultation du Bulletin de la société d’archéologie et de la statistiques de la Drôme, édité depuis 1866, est incontournable : les numéros de ce bulletin sont consultables aux archives communales de Romans. Pour des sources originelles, il faut se plonger, avec patience et méthode, dans les fonds anciens des archives communales de Romans ou des archives départementales de la Drôme.

      Pour débuter cette étude, voici un court historique sur la maison forte de Chalaire.

       Placé au carrefour entre deux routes et la rivière, c’est un site qui présentait déjà cette configuration au Moyen-Âge.  L’une des routes, nord-sud, suit le cours de la Savasse et mène de Romans à St-Donat, et de là à Vienne ; l'autre, est-ouest, coupe cette route sur la Savasse. Dans les actes anciens, cette dernière est appelée « la chaussée de Pierre », il s’agit de l’ancienne route romaine, la « Méyane », partant de Tain (ou Châteauneuf-d'Isère) pour aboutir à Grenoble et passant notamment par Monteux, Mours et Génissieux. La première mention de « Chalaire » se trouve dans le « cartulaire de Saint-Barnard » : vers la fin du XIe s, un certain Pierre de Colerio (Chalaire) et sa femme donnent à « l'abbaye » de Romans (la collégiale St-Barnard), la moitié d'une « mense » (des terres avec leurs habitations) située dans la  « villa de Colerio » (le domaine de Chalaire).

       Jusqu'au XIVe s, les sources deviennent silencieuses. La terre de Chalaire dépend alors de la seigneurie de Peyrins. En cette fin du Moyen-Âge, on voit alors apparaître dans les actes, une famille originaire de Mours, la famille Arthod qui semblent donner les premiers seigneurs à Chalaire. Le dauphin (le prince du Dauphiné) leur aurait inféodé cette terre qui passe ensuite à la famille des Vallin. Vers 1450 un autre seigneur est cité : Pierre de Camprémy, trésorier général du dauphin  Louis, futur roi de France Louis XI. Louis, en conflit avec son père, le roi Charles VII, se retire en Dauphiné et vient souvent à Romans et à Chalaire, entre 1450 et 1455, signant dans la maison-forte plus de vingt « ordonnances ». Le donjon carré de l’époque, de 14 m de haut et de 6 à 7 m de large, est celui que l’on peut encore voir aujourd’hui.

       A la fin du XVe s, le domaine de Chalaire retourne à la famille Vallin qui le conserve jusqu'au milieu du XVIIe s, il est alors vendu à Joachim de Falcoz. Son fils Alexandre cède l'ensemble, en 1683, aux religieuses ursulines de Romans. Au début de la Révolution française, leurs biens sont vendus. En janvier 1791 : la maison-forte est acquise par Pierre Ithier avec quelques terres autour. Vers 1850, ses héritières, Annette et Marie Ithier, en font donation à la communauté de Sainte-Marthe de Romans.