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  • L Histoire du Baron Robert Motte

    IMG_0854.JPGCHRONIQUE DE L’ASSOCIATION SOCIETE D’ETUDES HISTORIQUES DE ROMANS

     

    L’histoire du baron Robert MOTTE (1754-1829), Général de Napoléon.

     

    L’histoire de Romans recèle des pans entiers qui n’ont jamais été étudiés par les historiens. L’histoire des généraux romanais du Premier Empire est connue : Pouchelon, Cogne, Nugues, mais celle du Général Robert Motte est méconnue. A Romans une seule trace demeure de lui : une épitaphe au détour d’une allée dans le cimetière de Romans. « Général R. Motte Maréchal de Camps (1754-1829) ». Qui est ce personnage ? Pourquoi est-il méconnu ? Ce romanais d’adoption est pourtant un contemporain de ces hauts dignitaires du Premier Empire. Sa carrière militaire qui s’est surtout déroulée sur les théâtres d’opérations intérieures, se confond avec l’histoire mouvementée de la France pendant cette période. Il est le fils de Nicolas Motte, marchand et de Marie Dupont. C’est dans le Calvados, à Notre-Dame de Fresney, qu’il naquit en 1754 et il y passera toute son enfance. A 20 ans, le 20 avril 1774, il s’engage dans l’armée, et est intégré au régiment du Vivarais. Il achète un congé le 19 juillet 1780 et passe en mai 1780 au 51ème Régiment d’Infanterie en qualité de simple soldat. Deux années plus tard, en 1782, le soldat Motte passe au grade de caporal. Son avancement se poursuit. Sergent en 1783, sergent Major en 1786 en enfin adjudant sous-officier en 1791, puis sous-lieutenant et lieutenant en 1792. En 1792, il est incorporé à l’armée d’Italie, en tant quecapitaine adjudant majorau 51ème régiment de ligne, puis est nommé capitaine adjoint à l’Etat major général. Lors d’une bataille du 12 juin 1793, le militaire est très grièvement blessé par deux coups de feu dont l’un lui traverse le bras droit au dessous de l’épaule. Il participa aux combats de Gilet, d’Utelle, Figarette, Castel, Gineste, sous les ordres du général Dugommier ou du général Masséna. Le général Dugommier l’appela au siège de Toulon où il est promu adjudant général. Le 1er Germinal de l’An II il passe à l’armée des Pyrénées Orientales et est promu général de brigade le 4 prairial An II (22 avril 1794). . Le 20 germinal An III, Robert Motte épouse Catherine Marie Perron née à Tournon le 20 décembre 1775. C’est à cette date que l’on peut estimer qu’il fixe sa résidence familiale à Romans. Jusqu’à la paix d’Espagne, le général Motte continue de servir dans l’Armée des Pyrénées Orientales. Il occupe le poste de commandant de la place de Perpignan en 1795. Il est grièvement blessé d’un éclat d’obus à la hanche droite lors de la bataille du 27 brumaire An IV, qu’il qualifiera de « tombeau des Français » dans sa correspondance. Lors de la bataille du 30 Brumaire il combat contre des forces quintuples en nombre, mais contribue vivement au succès de cette journée. Motte raconte lui-même comment il a poursuivit l’ennemi et assiégé la citadelle de Rose, pendant 65 Jours. Les généraux Dugommier et Pérignon demandent pour lui le grade de général de division. Le comité militaire accepta sa nomination, mais il n’y avait pas d’avancement dans le corps de l’armée pour cette année. L’armée des Pyrénées prend alors le nom d’Armée du Midi, son quartier général est à Nîmes. C’est donc dans cette ville que le général Motte se fixe. Son rôle va désormais se cantonner au maintien de l’ordre à l’intérieur du pays. La France en cette période instable post-révolutionnaire est en proie au brigandage et au vandalisme. Fin Vendémiaire An V, une insurrection éclate à Avignon au cours de laquelle plusieurs militaires perdent la vie. Le général et le commandant militaire se réfugient à Cavaillon. Pendant 3 jours 30 000 gardes nationaux et militaires se rendent à Avignon. Motte y est envoyé à la tête de 6000 hommes de troupes d’élite et l’artillerie. Il rétablit l’ordre avant l’arrivée du reste de la troupe, sans effusion de sang. Rentré au quartier général il est rappelé peu de temps après pour juguler une insurrection qui éclate à Montpellier.

     

    L’histoire du Baron Robert MOTTE (1754-1829), Général de Napoléon. (Fin)

    A la tête de 1200 hommes et 2 pièces d’artillerie le Général marche sur sa ville. Il indique qu’à son approche les révoltés « disparaissent ». La nuit suivante, après son entrée dans la ville, il fit cerner les faubourgs, désarmer les malfaiteurs et arrêter quelques centaines de déserteurs qui servaient d’appui aux factieux, selon son récit. Cette capacité à maintenir l’ordre est reconnue par l’Etat Major militaire. Le 15 ventôse, Motte reçoit l’ordre de prendre le commandement des départements du Gard, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Haute-Loire, à la tête de 300 soldats. Une bande de 300 brigands prit de force la garnison de Bargeac, faisant prisonnier des soldats et massacrant les officiers. Motte intervient, arrête des brigands, et prévient le maire de Monpezat qu’ils marchent sur sa ville. Grâce à son alerte la garde nationale de cette ville prend les armes et peut se défendre. Le lendemain le général Motte poursuit ce qui restait de cette bande dans la neige des montagnes. L’ordre rétabli, Motte est envoyé dans l’armée active, celle des Alpes. Le 18 octobre 1797 il est employé dans le 9ème Division Militaire lorsqu’il reçoit l’ordre de rejoindre l’Armée d’Italie. Motte croise le général Bonaparte. Il sert directement sous ses ordres dans la division du général de Massena. Motte est témoin de la grande Histoire de France. Bonaparte, général de l’armée d’Italie, lui témoigne alors sa satisfaction pour sa conduite exemplaire lors des combats de Trévise, .Après le traité de Campo-Formio, il reçoit l’ordre d’aller reprendre le commandement des départements qu’il a déjà commandés et qui sont depuis livrés de nouveau aux exactions des brigands. Des gendarmes y avaient été égorgés. Son passage dans l’armée d’Italie durera de Floréal an VII jusqu’à la fin de l’An VIII. Pendant les cinq années suivantes jusqu’en l’An XIII Motte commande successivement les départements du Vaucluse et des Bouches du Rhône. Le militaire est promu chevalier de la Légion d’Honneur, le 11 décembre 1803, puis commandeur l’année suivante, et enfin maréchal de camp (général de brigade). En décembre 1806, le général Motte reçoit l’ordre du prince de Neuchâtel et de Wagram de prendre le commandement du département du Finistère. Le climat humide et salin est impropre à ses blessures. Il est souvent alité. Lors de ses courts séjours à Romans, il est soigné par son médecin, Pierre Antelme, chirurgien de l’hôpital, et beau-frère du sénateur Dedelay d’Agier. Ce dernier atteste dans une lettre que le général «  est atteint d’une douleur très vive dans l’articulation du bras droit » où « il a reçu un coup de feu qui a fracassé la tête de l’humérus ». Le 4 décembre 1806 il passe à la 8ème Division militaire, puis à la 13ème division et enfin le 24 janvier 1811 Motte est affecté à la 7ème division militaire. Cette même année 1811, son épouse adresse une lettre au général de division la Roche pour indiquer que son mari est dans l’impossibilité de faire la conscription du département de la Drôme. Robert Motte est anobli par l’Empereur et prend le titre de baron de l’Empire le 24 Février 1812. Le 10 juin Napoléon l’appelle à gouverner le département du Taro. Ce département en Italie, fait partie du Grand-duché de Parme où règne le Grande Duchesse Eliza Bonaparte sœur de Napoléon. La carrière du général Motte se termine donc par ce poste prestigieux. A Romans le général Motte possède sa maison d’habitation à l’angle du quai Ulysse -Chevalier et de la rue Merlin, et une propriété aux Ors. Il est admis à la retraite en 1813 avec une solde de 3200 Frs et passe à Romans près des siens le plus clair de son temps. Remis en activité, le 15 avril 1814 le général est appelé par l’empereur à gouverner le département de l’Isère. Pendant la campagne de France et chute de l’Empire, Motte est à Paris, fidèle de Napoléon et du premier cercle autour de l’Empereur déchu. Il l’accueille à Lyon lors de son retour de l’Ile d’Elbe, avec les généraux Chabert et Parmentier. Avec l’Empereur et ses plus proches compagnons, il marche jusqu’à Paris. Ce sont les Cent Jours. Pendant cette période un autre contemporain de Motte, le comte Dedelay d’Agier, sénateur, rallie lui aussi Napoléon. Mais la démarche du généralMotte est empreinte d’une fidélité toute militaire et pas d’un opportunisme politique. Sa maison de Romans a été pillée par les Autrichiens et les royalistes, « ils ont pillé ma maison comme Napoléoniste patriote, ma femme et mes enfants se sont enfuis je n’ai aucune nouvelle. » Comme de nombreux dignitaires de l’Empire; Motte appartient à la Franc-Maçonnerie. Ses descendants racontent volontiers l’anecdote selon laquelle il avait fait décorer sa maison des Ors avec des symboles maçonniques dessinés dans la marqueterie des parquets. Pour le moins gênée par ce décor peu commun, sa famille s’empressait de recouvrir le sol de tapis lorsqu’elle recevait des amis, pour dissimuler ces décors ! Selon nos informations, ils sont toujours en place. Le général Motte cesse définitivement ses fonctions militaires le 1er septembre 1815. Il termine sa vie bourgeoisement, en tant que conseiller municipal de la ville de Romans, sous les règne de Louis XVIII et Charles X, Il meurt à Romans dans sa maison du quai Chevalier, le 30 Mai 1829, à l’âge de 75 ans. Sa propriété des Ors et sa tombe au cimetière de Romans sont toujours visibles. Ainsi s’achève l’histoire de ce personnage romanesque oublié, qui comme les autres généraux de l’Empire mériterait, pour honorer sa mémoire, qu’un rue de Romans porte son nom.

     

     

    Benjamin MISSUD.